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Si vous passez par Avignon…
par François Ruffin

Nous, on n’ira pas : on a un numéro à boucler et trop de boulot. Mais si vous passez par Avignon, on a sélectionné pour vous…

Avenir radieux, par Nicolas Lambert

Bon, il n’a pas besoin de nous pour triompher : une histoire de la France et du nucléaire, dressée par Nicolas Lambert – qui joue tous les personnages.

À Avignon du 7 au 28 juillet, à 11 h 30, au Théâtre du Chêne noir.

Et sinon, toute l’année, il tourne dans les bleds les plus improbables : http://www.unpasdecote.org/


Le Visage de l’autre, par la compagnie La Lune bleue

C’est tout simple. Juste l’interview d’une femme simple : Fadila, qui a fui l’Algérie pour la France, et c’est comme si, en une heure de cette conversation, on en apprenait plus sur ce pays en face de chez nous, sur la vie qu’on y mène, qu’en mille coupures de journaux.

Vraiment formidable.

À ne pas louper si vous passez par Avignon : du 8 au 28 juillet, jours pairs, à Présence Pasteur, 13, rue du Pont Trouca.

Leur site : http://lalunebleue.free.fr/


Victoire, la fille du soldat inconnu, par Sylvie Gravagna

On n’aime pas vous mentir : ce spectacle-là, on l’a pas vu, il était représenté qu’à Paris, et nous on bouge pas le cul de notre province même pour les copines. Mais dans Le Canard enchaîné, Jean-Luc Porquet, en qui on peut avoir confiance, applaudit au « destin à la fois fantaisiste et très vrai d’une prolote du siècle dernier, amants, guerres, émancipation, deuxième sexe, et, mine de rien, c’est un manifeste féministe que Sylvie Gravagna nous livre là, qui chante et qui pétille ».

À Avignon du 7 au 17 juillet à 10 h 30, à l’Utopia – Manutention.

Et après, vous regardez sur son site : http://www.unpasdecote.org/


La grève des écoliers : maintenant en scène !

Dans notre numéro 52, on vous racontait « la grève des élèves », en septembre 1911, en Angleterre : « Tout a commencé dans la cité industrielle de Hull, on écrivait, à l’école catholique Sainte Marie, avec treize garçons qui se sont attroupés devant les autres établissements, hurlant "dehors !" à leurs camarades, et "jaunes" aux élèves qui retournaient en classe. Bientôt, le mouvement s’est étendu de Dundee à Southampton en passant par Liverpool et Dublin, dans plus de 62 villes. Durant quinze jours, ce sont "des centaines d’enfants qui défilèrent dans les rues", "des milliers d’enfants défiant les autorités scolaires"  ».

Découvrant cet épisode, la Compagnie Bad’j a creusé le sujet. Et elle en a fait un spectacle.

Extrait :

John : Il fait encore beau, c’est nul d’aller à l’école par un temps pareil.

Kim : Allez paresseux ! Tu as eu toutes les vacances pour te reposer ! Il est temps de retourner à l’école, tu n’as pas hâte d’apprendre des choses nouvelles !

John : Des choses nouvelles ! On ne va faire que répéter ce qu’on a appris l’année dernière ! Et l’année d’avant ! Des tables de multiplications et des passages de la bible à longueur de temps. A l’usine, là oui, j’apprends des choses. Le frère de Mike m’a montré comment fonctionne le piston d’une locomotive...Tu verrais ça ! Et puis, on ne perd pas son temps ! L’école, ça ne rapporte rien ! À l’usine, quand j’astique les essieux, on me donne un penny. Alors que ton école là, c’est juste un penny de perdu !

Kim : Tu dis ça parce que tu n’es qu’un cancre. Tu ne travailles jamais et tu n’écoutes rien !

John : A l’usine, j’écoute très bien et le frère de Mike me trouve très travailleur, figure-toi ! Il a dit que quand j’aurai douze ans, il me recommandera à Lord Stanley et j’apprendrai à conduire une locomotive !

Kim : Lord Stanley ne t’engagera pas s’il y a marqué sur ta feuille de caractère que tu es un élève indiscipliné, les conducteurs de locomotive sont les ouvriers qui ont eu la médaille. Montre-moi ta feuille de caractère !

Eh oui, à cette époque, on avait un certificat de caractère, c’était un papier qu’on nous donnait quand on était tout petit, dès qu’on arrivait à l’école en fait ! Sur cette feuille, on notait toutes les bêtises qu’on avait pu faire, à un moment ou à un autre. 

On y notait aussi chaque absence, chaque retard, chaque fois qu’on ne pouvait pas venir, que ce soit parce qu’on était malade ou pour une autre raison ! Quand on voulait avoir du travail, il fallait montrer ce papier au patron et le mieux, c’était d’avoir une médaille, celle qu’on obtenait quand on était présent pendant quatre ans sans jamais rater une journée de classe. 

Nos parents avaient tellement peur qu’on ne trouve pas de travail qu’ils nous forçaient à aller en classe même quand nous étions malades. Heureusement, aujourd’hui, le certificat de caractère n’existe plus !

Pour que vos petits reçoivent une formation syndicale de niveau CP (« notre leçon sur "La Grève"  : Alors a) les conflits sociaux, b) les syndicats, c) le préavis, d) la mobilisation, ah voilà, e) le piquet de grève ! »), pour qu’ils défilent dans la maison aux cris de :

« Nous voulons des cours moins longs ! 
L’abolition du ceinturon ! 
Pas de travail à la maison ! 
Qu’on nous donne des gommes, des crayons ! »

Pour semer chez vos marmots des germes révolutionnaires (même si dans un premier temps ça n’arrange pas vos affaires), courez voir ça !

À Avignon, au théâtre de la Bourse du Travail, du 16 au 28 juillet.

Pour d’autres dates : voir sur leur site www.badj.fr 

Et faites-les venir près de chez vous : courrier@badj.fr

Et « merci à Dave Marson, docker de Liverpool qui a tiré cette histoire de l’oubli ».

© Un Pas de Côté 2017 - co-direction Sylvie Gravagna & Nicolas Lambert