L’Anticapitaliste

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Par Pierre Baton

Nicolas Lambert publie le troisième volet de sa trilogie Bleu, blanc, rouge, l’a-démocratie. Ce texte est celui d’une pièce qui clôt un triptyque des spécialités françaises, des « meilleurs produits du terroir »...

Le premier volet, Elf, la pompe Afrique revenait sur les liens de la France avec ses anciennes colonies d’Afrique sub-saharienne. Le second, Avenir radieux. Une fission française, s’emparait de l’histoire de la construction de la puissance du nucléaire civil en France. Dans ce dernier volet, c’est de la question de l’armement et de la politique extérieur de la France dont s’empare Nicolas Lambert.

Le Maniement des larmes revient donc sur les affaires de corruption liées aux ventes d’armes, en particulier celles qui ont entouré les campagnes de Balladur puis de Sarkozy. Armement des dictatures, rétro-­commissions, vente de centrales nucléaire, diplomatie occulte sont au cœur de cette pièce qui résonne parfois étrangement avec l’actualité…

Le théâtre de Nicolas Lambert est singulier. Il invente une narration, interprétant sur scène les reportages qu’il mène et les documents d’archives qui lui ont servi à construire son propos. Un théâtre politique audacieux qui emprunte parfois à l’imitation et joue avec bonheur avec les codes de l’information radiophonique, réussissant même à nous faire rire.

Après près de dix ans de travail, voici la trilogie close. Cela donne donc lieu à la sortie du texte du dernier volet, et simultanément la sortie d’un coffret rassemblant les trois textes des trois pièces : un livret « bleu, blanc, rouge » moqueur de ce qu’est la France et ses fiertés nationales. Et avant de partir en tournée avec ses trois spectacles, Nicolas Lambert pose ses valises au théâtre de Belleville pour une série de représentations.

Pierre Baton

© Un Pas de Côté 2017 - co-direction Sylvie Gravagna & Nicolas Lambert