France Culture

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Le journal du soir - 18h
Par Marie-Pierre Verot

Extrait :

"Elf, la pompe Afrique", un spectacle conçu comme un acte citoyen, un travail d’histoire contemporaine, la lecture d’un procès hors norme et construit en forme de réquisitoire implacable contre le fonctionnement de la Compagnie elf ainsi que celui de l’état français en Afrique.


L’interprétation d’André Guelfi fait sourire l’ancien magistrat Jean Favart mais au delà du divertissement, ce conseiller honoraire à la Cour de Cassation trouve au spectacle des vertus pédagogiques

Jean Favart : « Il les caricature un petit peu : Dédé la Sardine, je pense qu’il en rajoute un petit peu dans l’accent, dans les gestes, etc. mais je pense que dans une affaire aussi compliquée, avec des intérêts aussi emmêlés, j’ai trouvé qu’il exposait ça d’une manière… même quelqu’un qui ne sait pas ce que c’est que l’abus de bien social, l’escroquerie, etc. vraiment, s’il ne comprend pas ce qu’il s’est passé…C’est extrêmement pédagogique. Et personnellement, si j’étais directeur d’une école de la magistrature, j’organiserai une séance autour de ça avec un débat avec les juges pour voir ce qu’il faut en tirer comme leçon.
Marie-Pierre Verot : - Comment des accusés peuvent esquiver ? Comment un président doit mener les débats ?
Jean Favart : - Oui, apprendre à bien connaître son dossier, etre très logique, ne pas se laisser déborder par des discours fumeux… et puis bien saisir là où il y a contradiction entre les uns et les autres, que l’on n’a pas répondu à ses questions, parce que ça : apprendre à ne pas répondre c’est souvent une chose qui est très pratiquée, or il faut débusquer ça, on finit par l’apprendre sur le tas. Et je pense que des élèves, futurs magistrats, auraient tout intérêt à apprendre ces chausse-trappes qu’on n’apprend pas à l’école »

© Un Pas de Côté 2017 - co-direction Sylvie Gravagna & Nicolas Lambert