Le Souffleur

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Pour une poignée de pétrodollars. 
par Alexandre Le Quéré

Avec ce spectacle, Nicolas Lambert invente quasiment un genre, le "théâtre-documentaire", en reprenant sur scène les débats du procès Elf.

Avec la disparition de l’entreprise pétrolière Elf, rachetée par Total, une page s’est tournée. Celle d’une affaire judiciaire aux multiples ramifications, dont on n’a retenu que les aspects les plus sulfureux. Nicolas Lambert a choisi la face sombre du scandale : le volet africain. Prenant appui sur un baril de pétrole, le comédien joue sur scène les protagonistes des audiences. Il y a là le président du tribunal, qui entend tour à tour Loïk Le Floch-Prigent, l’ancien P-DG pris de remords ; Alfred Sirven, homme de l’ombre, et André Tarallo, responsable de la « politique africaine » du groupe. Sans oublier l’hilarant André Guelfi, alias Dédé la Sardine, papy escroc appelé à la barre comme témoin.
Levez la main droite et dites...

Projet hybride, à mi-chemin entre le journalisme, le conte et le théâtre, "Elf, la pompe Afrique" est un spectacle qui interpelle. Nicolas Lambert ne se situe pourtant pas dans la diatribe partisane. Son travail tient plutôt du documentaire. II a d’ailleurs personnellement suivi les débats sur les bancs réservés aux journalistes. À partir de ses carnets de notes et de coupures de presse, il a monté un one-man show de deux heures. Toujours détaillé, jamais barbant : les dons d’imitation de Nicolas Lambert y sont pour beaucoup.Le spectacle, plébiscité, tourne depuis presque deux ans dans un réseau de petites salles indépendantes.

Si "Elf, la pompe Afrique" - tout comme le procès - ne parvient pas à faire sauter la République, comme l’aurait prétendu Sirven, il remue les arrière-cuisines nauséabondes de l’État français. Un spectacle reconnu d’utilité publique...

Alexandre Le Quéré

Pour une poignée de pétrodollars.

par Alexandre Le Quéré

© Un Pas de Côté 2017 - co-direction Sylvie Gravagna & Nicolas Lambert