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Le dossier du jour : elf, la Pompe Afrique
par David Servenay

Un juge, des prévenus et du public, le tout rassemblé dans l’arrière-salle d’un café, pour une véritable plongée dans l’affaire elf, comme si vous y étiez. 


Tous les dialogues sont vrais et pour cause : Nicolas Lambert, auteur et comédien, a suivi l’an dernier toutes les vraies audiences du vrai procès elf.

NL : - L’enjeu pour moi c’était de piger et de synthétiser ce bazar. Ce qui m’apparaissait au fur et à mesure du procès me semblait monstrueux. Il y avait un travail excellent qui était fait par des journalistes mais c’était noyé dans le flot du loft, du je-ne-sais-quoi qui mobilise les médias. Il me semblait qu’il fallait faire un travail de synthèse, j’ai essayé.

Malgré des moyens modestes, Nicolas Lambert gagne son pari de recréer l’atmosphère d’une salle d’audience avec ses lenteurs, ses coups de théâtre et ses leçons de vie, où la plupart des protagonistes apparaissent finalement plus sympathique que dans la réalité.

NL : - on entend souvent sur l’économie libérale : « c’est le marché qui veut ça »… Non : c’est des gens, à un moment donné de la chaîne c’est des gens et ce sont des décisions de gens : des erreurs ou pas, des déviances, mais c’est humain ces choses là.
RFI : - et rendre ces gens sympathique ça vous gène pas un peu ?
NL : - ah non ! en tant que comédien c’est mon boulot. »

D’autant que l’auteur peut se faire aussi très caustique. Seule différence dans ce procès : ici, personne ne rend de jugement.

© Un Pas de Côté 2018 - co-direction Sylvie Gravagna & Nicolas Lambert